Layla Metssitane

Layla Metssitane : comédienne, metteuse en scène, adaptatrice | Tisser des passerelles

Si j’étais ministre de la culture, je mesurerais mon extrême responsabilité. La culture est le témoignage d’une civilisation. Un rapport économique nous apprend que la culture en France rapporte davantage que le secteur automobile. On ne peut bien entendu pas placer la culture, secteur subventionné, sur les mêmes indicatifs économiques que l’automobile. Cependant, l’apport de la culture dans les finances françaises est véritable. Le rayonnement est national et international. J’en prends la mesure quand je suis en tournée à l’étranger. Trois accords d’une chanson d’Édith Piaf et tout le monde chante La Vie en rose alors que l’on ne parle pas le français. Le rayonnement d’une langue fait aussi partie de la culture.

Si j’étais ministre de la culture, je protègerais notre régime d’intermittence si spécifique que d’autres pays nous envient. Il est inacceptable de retirer certains droits ayant été acquis sous prétexte qu’ailleurs ils n’existent pas. Préservons notre spécificité. Il se passe en France des choses extraordinaires. C’est d’ailleurs quand on est à l’étranger que l’on s’en rend compte. Par exemple, les gens connaissent bien le Théâtre du Soleil, la Comédie-Française, le Festival d’Avignon. Or je ne connais pas un théâtre en Argentine ou ailleurs…

Si j’étais ministre de la culture, je mesurerais le trésor extraordinaire que nous avons. Je m’entourerais de professionnels, artistes, techniciens, ou encore ceux qui réalisent un travail phénoménal dans les écoles. Car c’est à l’école que se trouve également le public. Un peuple cultivé et éduqué est un peuple extraordinaire et solidaire. Solaire et solidaire.

Je n’aimerai pas être ministre de la culture. Cela signifie devoir trouver des compromis et faire des accords avec des personnes qui n’ont pas la culture pour priorité. Il y a des hommes et des femmes politiques qui ne mesurent pas combien la culture est un élément fondamental. Et préfère diviser le peuple au lieu de l’unir. Je préfère rester à ma place. Notre travail appartient à tous. Je joue pour un public dont les valeurs politiques sont divergentes, gauche, droite, centre, extrême, aucune. Mon travail est au-dessus de cela. Les auteurs et les poètes sont mon passeport diplomatique. Je n’ai pas besoin de savoir pour qui votent les personnes qui sont dans la salle. Je n’ai pas besoin non plus de savoir qui prie quel(s) dieu(x), ou qui aime et comment.

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