Cécile Backès

Cécile Backès : directrice de la Comédie de Béthune – Centre Dramatique National | Sine qua non

Si j’étais ministre de la Culture, j’essaierais de faire exactement ce qu’Aurélie Filipetti a fait en premier lieu : créer, recréer des liens avec l’Éducation Nationale. Elle a cherché à le faire. C’est un échec, d’autant plus désastreux que la volonté de la ministre était bien là, mais qu’elle a buté sur des obstacles. La culture a un rôle à jouer dans un parcours éducatif et dans un parcours pédagogique. Éducation et culture devraient être unies. Cela paraît pour l’instant difficile.

Les Centres Dramatiques travaillent beaucoup avec le milieu scolaire. Jamais personne n’en parle. Nous sommes pourtant très présents sur les questions d’éducation artistique à l’école. D’un côté, nous avons une ministre qui soutient cette idée, mais de l’autre nous ne recevons aucun soutien financier supplémentaire. Certains d’entre nous mènent des projets fins et pertinents avec l’école et l’Éducation Nationale mais personne ne nous donne les coudées franches, le Ministère ne semble pas reconnaître la valeur de ces projets, ni de ces missions. C’est étrange.

Si j’étais ministre de la Culture, je réfléchirais et essaierais de trouver des solutions vertueuses et efficaces pour que les grandes compagnies françaises actuelles puissent être suffisamment aidées et soutenues par les financements publics afin de leur permettre d’être diffusées dans le réseau européen. Je n’ai pas inventé l’eau chaude : le ministère de la Culture travaille actuellement sur le sujet. C’est une direction juste et urgente. Dans le réseau européen, les compagnies françaises sont bien moins subventionnées que d’autres compagnies d’importance. Elles montent pourtant des spectacles suffisamment importants pouvant diffuser l’image du théâtre français en Europe. Elles ne sont pas très nombreuses, il y a celles dirigées par Joël Pommerat, Sylvain Creuzevault, Julien Gosselin, Thomas Jolly et, comme directeur de Centre Dramatique récemment nommé, Philippe Quesne. On observera que les grandes compagnies françaises sont dirigées par des hommes… J’essaierais donc de travailler sur cet enjeu d’importance, tout en faisant en sorte que des compagnies françaises dirigées par des femmes puissent également intégrer ce réseau européen. C’est un long et laborieux travail sur plusieurs années. Or, on ne reste pas ministre suffisamment longtemps pour inscrire une action de fond. L’exercice de l’action politique dans la durée est une grande difficulté quand on est politique aujourd’hui, quel que soit le degré de responsabilité. Ce travail ne se réalise pas en deux ans et demi. Ni en trois ans. Comment faire ?

Si j’étais ministre de la Culture, je réfléchirais sur l’image actuelle du théâtre français. Que représente le théâtre français en Europe ? Pour le reste du monde ? Qu’écrivent les auteurs français ? Sur quoi écrivent-ils ? Ce sont des questions politiques et culturelles reliées aux enjeux de la mondialisation. C’est sur la coopération culturelle européenne et mondiale que nous devons avancer.

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