Ranger les Zumains

À l’occasion du festival le Paris des Femmes, neuf autrices ont été invitées à écrire une pièce courte qui sera lue et mise en espace en janvier 2015 au Théâtre des Mathurins. Le thème imposé cette année s’intitule Le Meilleur des Mondes.

Stéphanie Janicot crédit : Philippe Matsas/OPALE

Stéphanie Janicot
crédit : Philippe Matsas/OPALE

Rencontre avec l’autrice Stéphanie Janicot.

Théâtrices. Quelle femme êtes-vous, Stéphanie Janicot ?

Stéphanie Janicot. Une personne qui aimerait pouvoir allier les contraires : la solitude et la sociabilité, la discrétion et l’engagement, le labeur et la désinvolture, l’expérience et la fraîcheur, la douceur et la détermination, le masculin et le féminin, la solidarité et la liberté. Et qui par conséquent est parfois partout, parfois nulle part.

Parlez-moi d’une théâtrice. Quelle influence a-t-elle (eu) sur la femme et/ou l’artiste que vous êtes ?

En matière de théâtre, je retiendrais les grandes héroïnes des tragédiens grecs Eschyle, Sophocle et Euripide. Il me semble que Médée, Electre, Cassandre, Hécube, Déjanire, Iphigénie, Hélène, Antigone et toutes les autres portent en elles toutes les héroïnes ultérieures de la littérature mondiale. Je ne me lasse jamais de les retrouver sous une forme ou une autre. Et d’une certaine manière de les revisiter.

Selon vous, quelle place occupent les femmes dans l’écriture romanesque ?

Un peu la même que dans la vie, c’est à dire une très grande place mais circonscrite à un certain nombre de domaines, liés à la vie affective ou domestique. Les médias parlent volontiers des femmes qui écrivent sur l’amour, la sexualité, la maternité, la famille, etc. et presque jamais de celles qui écrivent des romans plus engagés, sur la société, la politique, etc. Or il y en a…

Que signifie pour vous « être une femme, aujourd’hui, dans le monde » ?

Appartenir historiquement à la moitié muette de l’humanité et par conséquent tenter de favoriser la parole de celles qui, partout dans le monde, sont tenues au silence. C’est cette solidarité que je tente de mettre en œuvre avec ma revue Muze qui valorise la création au féminin.

Si j’étais ministre de la culture…

Je protégerais les cadres (maisons d’édition, de production, musées, maisons de la culture, salles de spectacles), encouragerais les entrepreneurs à favoriser la création, en essayant de se mêler le moins possible du contenu, afin d’éviter le côté art officiel, artiste subventionné, etc. Je ne pense pas que les créateurs aient besoin d’être protégés, la vraie vie nous nourrit et les obstacles nous rendent plus forts.

Son texte Ranger les Zumains sera mis en espace par Jean-Philippe
Puymartin et lu le vendredi 9 janvier au Théâtre des Mathurins
Stéphanie Janicot
Propos recueillis par Mélina Kéloufi pour le blog des Théâtrices
Décembre 2014 © Mélina Kéloufi
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À propos de Théâtrices

Femmes de théâtre – Théâtre aux femmes

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